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CHANSONS POPULAIRES DE HAUTE BRETAGNE par Arthur de la Borderie.

Conférence faite à la séance littéraire et musicale de l'Hermine,
le 18 août 1894, au casino de Saint-Malo.

(source : Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, 1894)

Quand on est admis à prendre la parole dans une réunion de poètes comme celle-ci, si l'on ne parle pas en vers, au moins faut-il parler de vers et de poésie.

Permettez-moi donc de vous entretenir quelques instants d'une poésie bien humble assurément, mais qui a le mérite d'être un produit spontané de notre sol, - la poésie, la chanson populaire de Haute-Bretagne.

Vous savez d'ailleurs, Mesdames, Messieurs, que, depuis une dizaine d'années surtout, on s'occupe en France avec ardeur à recueillir les débris, les derniers vestiges, encore nombreux mais aujourd'hui prompts à s'effacer, de notre vieille littérature populaire.

La Bretagne, en ce genre d'études, a devancé les autres provinces. Elle a donné depuis longtemps l'exemple et le modèle dans l'admirable recueil le Barzaz Breiz, ou Chants populaires de la Basse-Bretagne, publié dès 1839 par M. de la Villemarqué, recueil dont la renommée est européenne, dont l'éloge n'est plus à faire.

D'autres travaux excellents dans le même ordre de recherches - entre autres ceux de M, Luzel - se sont produits depuis lors, relatifs aussi à la Bretagne bretonnante, Mais ici, c'est de la Bretagne où la langue bretonne n'est plus parlée, de la Bretagne gallo ou Haute-Bretagne, que je voudrais dire quelques mots.

Certes les chansons populaires de Haute-Bretagne sont loin de valoir, comme tournure, comme sentiment, comme poésie, les gwerz et les sônes de Basse-Bretagne. On y rencontre pourtant çà et là de beaux éclairs, souvent aussi la trace vivante et curieuse des vieux usages, des moeurs originales de nos pères, presque toujours une malicieuse naïveté, une gaieté franche et gauloise qui amuse l'esprit et fait épanouir le coeur.

Je vous demande la permission, Mesdames, Messieurs, de vous en citer quelques exemples : la chanson des Gars de Campénéac, la chanson du Saule, trois filles de prince

 


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